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DRUIZ : Chronique d'Evelyne Pernel

Dans "A la recherche de la Mandragore", nous avons suivi le long périple de la belle Arthmaëlla, révélée par les prophéties et formée par son maître, le druide Ananxis. La jeune femme s’imprègne des traditions et des rites, apprend à utiliser les plantes et les minéraux, parle aux animaux… elle multiplie les rencontres, approche les guérisseurs, découvre les êtres de la forêt, rend visite à Athanor, l’alchimiste, pénètre peu à peu le territoire des druides, se glisse vers la vallée des fées pour trouver la plante rare, la Mandragore, et réaliser sa quête : devenir druidesse.

Mais que sait-on de la vie d’Ananxis ?
La réponse est dans Druiz, la prophétie perdue, (druiz : mot breton pour druide), paru en Novembre 2014 chez Glénat, qui nous relate son histoire, son parcours initiatique. Arthmaëlla prie Ananxis, qui sillonne inlassablement les terres de l’autre côté du marais en parlant aux Dieux, d’écrire maintenant ses pensées, son expérience. « La connaissance est plus importante que le savoir » est l’un des premiers messages que le maître lui a enseignés. Comme dans toute spiritualité primordiale, les druides n’ont jamais laissé de traces écrites de leur science car l’écriture fige la parole, l’altère bien souvent.
Toutefois, Ananxis sait que les temps changent, que « Le peuple survivra s’il parvient à comprendre et transmettre à ses enfants. Il n’a que la mémoire, rien que la mémoire ». Faut-il perdre la connaissance à jamais ou bien outrepasser la tradition ancestrale ?
C’est une affaire de conscience pour le vieux druide. « Je suis resté, vivant, et les témoins sont morts » tel est l’un des premiers messages d’Ananxis. Devant l’insistance de la jeune femme, non sans rechigner, il finit par accepter d’écrire sur des parchemins son histoire et d’y laisser, de manière symbolique, quelques clefs ouvrant à la connaissance « pour que la mémoire ne touche pas à sa fin ».


Druiz Fils de Lochrann, chef descendant du clan des Ambas et d’Eirmaë du peuple-fée Findias, Ananxis voit le jour dans les années 500. Il va près du cercle des druides, du Cromlech, et croise un jour, dans la forêt, le regard du cerf blanc. Son père plante une épée gravée à son nom au centre du cercle, la terre est rouge quand il la retire. L’avenir de l’enfant est dans les prophéties.
À la mort de son père tué dans une bataille après une trahison, il doit quitter le clan avec sa mère et se cacher. C’est chez Gwroac’h, une sorcière vivant cachée dans la forêt, qu’ils vont trouver refuge et sécurité pour quelques temps. L’enfant apprend ses formules et développe sa connaissance des plantes auprès d’elle. Pourtant, pressentant que son destin l’appelle plus loin, Ananxis va dépasser les limites fixées en suivant la voix de la Dame des Ondes dans les eaux du marais, passer dans l’Autre monde.
Réveillé par le magicien Og’h, il reste vivant mais va devoir en accepter le prix.
Les oracles appelés par Gwroac’h lui sont révélés, il doit partir vers son destin dès l’annonce du corbeau.


Il reçoit son dernier enseignement « Écoute bien Ananxis ! Les limites sont faites pour être franchies ». C’est ce qu’il va faire sa vie durant. Confié à Guiclanff, c’est dans le vieux monastère d’Izenah situé au milieu des marécages que sa route le conduit, il va devoir se séparer pour toujours de sa mère et s’initier à la connaissance auprès de son protecteur Eryr, devenir druide.
Jalonnée de dangers, sa route lui offrira toujours des protections surnaturelles au fil du temps. Après sa rencontre avec la fille du roi Suilhne, Ananxis va servir ce dernier durant des années.

Ce livre magnifiquement illustré par Brucero et très bien écrit par Pascal Lamour, peut être perçu par le lecteur comme un très beau conte mais il est en réalité bien plus.
Il retrace les invasions, la migration des peuples brittoniques des deux côtés de la Manche, il laisse entrevoir comment, après des siècles de colonisation romaine, l’Armorique redevient celtique. C’est un éclairage sur l’histoire, la vie en Armorique à partir du IIIe siècle et une source d’informations précieuses sur le celtisme et le druidisme.
Ce récit, symbolique et ésotérique, à travers l’imaginaire, est l’expression d’une quête personnelle où le lecteur peut être amené à y trouver la sienne. Il fournit des clefs pour s’ouvrir à un autre univers.
La collaboration de Pascal Lamour et Brucero nous offre une fois de plus avec Druiz, la prophétie perdue, un ouvrage d’exception aux textes puissants, aux illustrations
magnifiques.
Evelyne Pernel, pour la rubrique « vie littéraire » de l’AEB.